Définissons autrement la mécanique d’une expérience. L’âme est porteuse de mémoires. Une mémoire est une énergie qui n’appartient pas à l’âme qui la porte et qui demande à être actualisée. Pour ce faire elle doit être expérimentée sur le plan matériel. L’incarnation d’une âme est ce qui permet la manifestation des mémoires qu’elle porte et donc leur expérimentation. Celle-ci se fait par l’égo.

Le processus peut être vu comme suit. L’âme, une fois incarnée, a pour fonction de manifester les mémoires. Pour cela, elle en organise l’énergie de façon à générer une forme qui puisse être matérialisée. L’énergie matérialisée est ce que l’on appelle une expérience. Cette énergie émane de l’âme, et l’âme se trouve dans l’individu. Celui-ci se retrouve donc au centre de l’expérience. Il fait alors l’expérience de la mémoire que porte son âme, dans le but d’en actualiser l’énergie. Cela peut être schématisé en disant que l’individu se retrouve dans une bulle, créée par l’âme, et qui représente l’expérience. Celle-ci doit être traversée par l’individu. Ce faisant, il fait ‘exploser’ la bulle et donc l’expérience, qui disparaît. En réalité, ce n’est pas que l’expérience disparaît mais que l’énergie qui en sous-tend la matérialisation est actualisée par l’individu. Actualiser une énergie, ou une mémoire, signifie comprendre l’utilité de l’expérience et ne pas la polariser, c’est-à-dire la juger positivement ou négativement. Il ne s’agit pas d’aimer ou non une expérience, mais d’en comprendre l’intérêt. C’est la capacité de l’individu de comprendre ce qu’il vit qui lui permet d’actualiser les mémoires que porte son âme, et ainsi de réintégrer l’énergie vitale qui est à l’origine de tout le processus, et était jusqu’alors voilée par l’aspect mémoriel d’une expérience non comprise antérieurement et qui a dû être ré-encodée dans une autre âme afin d’être un jour dévoilée et intégrée par l’individu qui aura pu traverser l’expérience.

Une chose intéressante à saisir pour pouvoir traverser une expérience est que toute peur, tout doute, tout questionnement à visée rationnalisante, tout type de jugement qui tend à rendre l’expérience valable dans sa forme, etc.. est l’expression de l’expérience. Cela signifie que ce capte l’individu mentalement et dans son corps qui ne lui permet pas de s’affirmer provient de l’énergie de la mémoire et ne représente pas qui il est.

L’identification à l’expression de l’expérience est compréhensible : puisque l’expérience est le résultat de la projection d’une mémoire que porte l’âme de l’individu, celui-ci pense que l’expérience est réelle, sienne et actuelle. De fait, il s’identifie à l’expérience, et du même coup à ce qu’elle exprime.

Pourtant, en reprenant le schéma de la bulle qui entoure l’individu, on réalise les choses autrement. La bulle est projetée par l’âme, qui fait le tri de ce qui n’est pas elle. Ce que l’individu expérimente n’est donc pas lui, ainsi ce que l’expérience exprime n’est pas qui il est, mais provient bien de la mémoire accolée à son âme. Cela permet de réaliser que lors d’une projection de mémoire, toute l’expérience qui entoure l’individu, la bulle, est hors de lui. Ce qui signifie qu’il ne reste alors en lui, dans l’espace précis de cette même mémoire, que l’énergie vitale qui représente la nature réelle de sa conscience, portée par son âme, pure dans son essence, l’identité de l’individu.

Finalement, rien est à chercher en dehors de soi, au risque de ne trouver que l’expression d’une mémoire dont on fait l’expérience. Tout est en soi, au cœur même de l’espace mémoriel soutenue par l’âme, en attente d’être réalisé par l’individu qui sera alors capable de s’affirmer en exprimant la seule réalité qu’il sera en mesure de vivre alors : la sienne.

Cela ne sous-entend pas que rien de ce qui est vécue à l’extérieur n’est valable, au contraire. Cela est nécessaire et inévitable puisque c’est la manifestation des expériences qui permet l’évacuation des énergies-mémoires qui voilent l’énergie vitale de l’individu.

Ainsi, tout ce que l’âme porte de mémoire doit éventuellement être expérimenté par l’individu, avec comme visé pour celui-ci de ne s’identifier à aucune forme exprimée par ces mémoires. Alors il pourra graduellement habiter le siège de son âme et en vivre la lumière, soit exprimer une identité nouvelle et enfin incarner l’énergie de son esprit, qu’il sera devenu.


Kévin Chevalier, Le 02’03’21.