Voici une autre façon de décrire la Conscience : énergie pure qui s’exprime dans différents états, de la lumière à la matière, afin de se connaître dans tout ce qu’elle est.

Exprimée de cette façon, la Conscience se comprend comme étant en expansion constante, soit en mouvement perpétuel. Jamais rien n’est figé, ni dans la matière ni dans l’espace. Le mental ne fait certainement pas exception. Pour exemple, la peur n’est pas une forme inerte d’énergie mais bien une expression très dense et cyclique de celle-ci.

Concrètement, à quoi sert-il d’être conscient ? Une réponse simple peut-être : à mieux se connaître. Pour cela, de la même façon que la Conscience s’exprime à travers des formes pour étendre sa connaissance d’elle-même, l’être humain a tout intérêt à s’exprimer pour apprendre qui il est. Il est évident qu’il ne s’agit pas de s’exprimer n’importe comment. Plus précisément, il convient de pouvoir définir tout ce dont on a besoin pour devenir et/ou rester stable psychologiquement, puis éventuellement pouvoir raffiner sa psychologie.

Comment cela se fait-il ? Via l’énergie de la Lumière, c’est-à-dire la Conscience. Cela peut sembler paradoxal d’utiliser la Conscience pour devenir conscient. En fait, il s’agit d’utiliser l’énergie qui nous traverse pour la sublimer, c’est-à-dire en exprimer la nature réelle, qui en est une de pure lumière.

L’être humain est naturellement conscient. Pour preuve : il pense. Ce processus énergétique de la pensée fait de l’être humain une espèce vivante dite connectée à une source de lumière qui peut être appelée la Conscience. Celle-ci s’exprimant dans différents états, l’être humain peut être connecté à un état plus ou moins pur de cette Conscience. Ces états sont généralement considérés comme des vibrations de l’énergie de la Conscience.

Ainsi l’être humain est branché à un état vibratoire de la Conscience. Seulement il n’est pas branché à toute la Conscience. Et c’est pour ce faire qu’il lui est vital de redéfinir sa vie, son environnement, sa propre psychologie ainsi que qui il est, et cela par lui-même.

Toute l’histoire de l’humanité est fondée sur l’explication de la nature humaine par une source extérieure à l’être humain lui-même. Bien qu’il ait été le porte-parole des messages qu’il recevait, le fait est que ses connaissances n’ont jamais été siennes. Elles n’émanaient pas de sa propre volonté créative de se savoir, mais de divers états intérieurs non suffisamment compris par l’être humain et auxquels il s’est dès lors identifié. C’est cette identification qui a fait de l’être humain un être coupable de ne pas comprendre sa nature profonde, ses origines et encore son avenir. Le plus éloquent est que cette culpabilité a toujours été générée par la source même de sa nature consciente : les pensées.

Parce que l’être humain est conscient, il est doté de la capacité de recevoir l’énergie de la Source qui lui donne cette capacité. Cette énergie qu’il reçoit est ce qu’il traite comme de la pensée. Son erreur a été de toujours considérer la pensée comme émanant de lui-même, quand elle vient en réalité d’une source plus profonde que lui en tant qu’être humain. Ce faisant, il a établi sa réalité, à tous les niveaux, en se basant sur ces pensées. Le constat est évident aujourd’hui : cela ne lui a jamais permis de s’émanciper de ses questions existentielles primordiales. Il est allé jusqu’à en faire un mode de réflexion, devenu une façon de vivre sa condition humaine : la philosophie.

Le résultat est un être humain surdoué intellectuellement, qui ne sait plus comment trouver sa place dans un monde hyper actif et en proie à une technologisation extrême, incapable de répondre à ses angoisses profondes, devenues aujourd’hui le quotidien d’une humanité morte de son vivant, agonisant à la moindre lueur de remise en cause de sa structure psycho-émotionnelle fragile.

Pour en revenir à la Conscience, l’être humain pour y accéder doit absolument devenir capable de développer l’outil de définition. L’outil de définition est ce qui doit lui servir à mieux comprendre sa vie ainsi que qui il est, intrinsèquement, personnellement, intimement et individuellement.

Il est urgent que chacun soit en mesure de répondre soi-même à ses propres questionnements, en réalisant que ceux-ci proviennent de sa propre Conscience en communication avec lui, via les support qu’il est capable de supporter mentalement. Le premier étant la pensée, il est primordial d’apprendre à échanger avec les pensées que l’on reçoit dans notre mental. Cela signifie qu’il faut être capable de se parler, que l’on soit seul ou non, verbalement ou mentalement dans le second cas.

Puisque cela sous-entend de ne pas croire les pensées que l’on reçoit, examinons ce point. Encore une fois, ne pas croire ne signifie pas tout rejeter en bloc, mais faire le tri de ce que l’on reçoit. Et c’est justement pour faire ce tri que l’outil de définition entre en jeu. Chaque individu doit être capable non pas de croire ou de rejeter ce qu’il reçoit mentalement, mais de le poser sur sa table, de l’étudier et de le redéfinir afin de se réaproprier l’énergie réelle venue vers lui à travers une forme qui la travesti. Car si la forme n’est pas authentique, elle contient toujours une énergie qui elle est hautement utile au développement de la conscience humaine.

L’outil de définition peut être un outil du quotidien et peut servir à se réaproprier chaque terme qui laisse un doute chez l’individu, comme toute situation ou tout matériel lu, entendu, et absolument tout ce qui se présente à lui et qui ne lui donne pas d’information absolue lui permettant instantanément de savoir de quoi il est question.

Enfin, pour son propre bien, sa paix d’esprit et sa santé mentale, il est nécessaire que l’individu apprenne à ne dépendre que de lui-même vis-à-vis l’information qui entre dans son mental et s’y installe. Cela ne sous-entend pas de se couper du monde, mais de se brancher le plus possible à soi, en son centre interne pour développer un mental individuel dans son essence.

Cela favorisera de plus en plus l’individualisation des pensées qui seront reçues; ainsi l’individu se verra de moins en moins perturbé par des formes qui ne lui correspondent pas, et sera alors de plus en plus capable d’équilibrer le rapport entre ses pensées et leur utilité réelle, qui est d’établir une communication entre sa source réelle de Conscience et son égo, afin que celui-ci établisse le réel de son identité individuelle, puis sa nature d’être universel, le tout à partir de lui-même.

Une fois définie d’une façon absolue dans son identité, l’individu pourra alors vivre en harmonie dans un monde qui ne le saura pas intimement mais que lui aura enfin les moyens de comprendre et dont il pourra se protéger.


Kévin Chevalier, Le 27’02’21.